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Dividendes en SAS : distribution et fiscalité

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septembre 01, 2026
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La distribution de dividendes constitue l’un des principaux leviers de rémunération des associés d’une SAS. Elle permet de percevoir une partie des bénéfices réalisés par la société, en complément ou à la place d’une rémunération de dirigeant. Toutefois, verser des dividendes ne se résume pas à effectuer un virement aux actionnaires : cette opération répond à des règles comptables, juridiques et fiscales précises. Une décision prise trop rapidement, sans bénéfice distribuable ou sans respect des formalités, peut entraîner des risques pour la société comme pour ses dirigeants.

Comprendre la fiscalité des dividendes en SAS est donc indispensable avant de fixer une stratégie de rémunération. Entre le prélèvement forfaitaire unique, l’option pour le barème progressif, l’abattement de 40 %, les prélèvements sociaux et les règles propres aux personnes morales, plusieurs paramètres doivent être étudiés. Cet article détaille les conditions, la procédure, l’imposition et les bonnes pratiques à connaître pour organiser une distribution de dividendes en SAS dans un cadre sécurisé.

1. Comprendre ce que sont les dividendes en SAS

Dividendes en SAS : distribution et fiscalité - 1. Comprendre ce que sont les dividendes en SAS

Une part des bénéfices attribuée aux actionnaires

Les dividendes correspondent à la fraction des bénéfices qu’une société décide de distribuer à ses associés ou actionnaires. En SAS, ils sont versés aux détenteurs d’actions, selon les droits attachés à leurs titres et les règles prévues dans les statuts. En principe, chaque action donne droit à une quote-part des bénéfices proportionnelle au nombre d’actions détenues. Toutefois, la SAS offre une grande souplesse statutaire : il est possible de créer différentes catégories d’actions, assorties de droits financiers particuliers.

Par exemple, une SAS peut prévoir des actions ordinaires et des actions de préférence. Ces dernières peuvent ouvrir droit à un dividende prioritaire, majoré ou plafonné. Les statuts peuvent également aménager la répartition des bénéfices entre associés, dans le respect des principes fondamentaux du droit des sociétés. En revanche, il est interdit de prévoir une clause attribuant tous les bénéfices à un seul associé ou excluant totalement un associé des bénéfices : une telle clause léonine serait réputée non écrite.

Dividendes, salaire et remboursement de compte courant : ne pas confondre

Le dividende ne rémunère pas un travail, une fonction de direction ou une prestation réalisée au profit de la société. Il rémunère l’apport en capital et le risque pris par l’actionnaire. À l’inverse, le salaire ou la rémunération du président de SAS rémunère l’exercice effectif de ses fonctions. Cette distinction est essentielle sur les plans social, fiscal et comptable.

  • La rémunération de dirigeant est une charge déductible du résultat imposable de la SAS, sous réserve qu’elle soit normale et justifiée. Elle est soumise aux cotisations sociales du régime général.
  • Le dividende est prélevé sur le bénéfice après impôt sur les sociétés. Il n’est donc pas déductible du résultat de l’entreprise.
  • Le remboursement de compte courant d’associé correspond au remboursement d’une somme prêtée par l’associé à la SAS. Il ne constitue ni un salaire ni un dividende.
  • Les intérêts de compte courant peuvent être versés à l’associé prêteur, sous certaines conditions. Ils suivent un régime fiscal différent de celui des dividendes.

Un président associé peut cumuler une rémunération et des dividendes. Cette combinaison est fréquemment utilisée, mais elle doit résulter d’une analyse globale : besoins personnels de trésorerie, niveau du bénéfice, protection sociale recherchée, taux marginal d’imposition du foyer et capacité financière de la SAS.

Qui peut percevoir des dividendes ?

Les bénéficiaires sont les personnes qui détiennent des actions à la date fixée pour la distribution, souvent appelée date de mise en paiement ou date de jouissance. Il peut s’agir de personnes physiques, de sociétés holdings, de membres de la famille, d’investisseurs ou de salariés actionnaires. Le président de SAS n’a pas automatiquement droit à des dividendes du seul fait de son mandat : il doit détenir des actions ou bénéficier de droits financiers prévus par des titres spécifiques.

Dans une SAS unipersonnelle, ou SASU, l’associé unique peut naturellement décider de se verser des dividendes. Il doit néanmoins respecter les mêmes conditions de bénéfice distribuable et de décision annuelle. Le fait d’être seul associé ne dispense ni de l’approbation des comptes ni de la formalisation de la décision.

2. Quelles conditions faut-il remplir pour distribuer des dividendes en SAS ?

Disposer d’un bénéfice distribuable

La première condition est l’existence d’un bénéfice distribuable. Le résultat comptable positif de l’exercice ne suffit pas toujours. Le bénéfice distribuable est déterminé après prise en compte du report à nouveau débiteur, des pertes antérieures à apurer et des dotations obligatoires aux réserves. Il correspond, de manière simplifiée, au bénéfice de l’exercice diminué des pertes antérieures et des sommes à porter en réserve, augmenté le cas échéant du report bénéficiaire antérieur.

Une SAS ne peut pas distribuer des sommes qui compromettraient l’intégrité de son capital social. Si les capitaux propres deviennent inférieurs au montant du capital augmenté des réserves indisponibles, la prudence s’impose et une distribution peut devenir impossible ou irrégulière. Le dirigeant doit donc s’appuyer sur des comptes annuels fiables et sur la situation financière réelle de la société avant de proposer une distribution.

Respecter la réserve légale et les réserves statutaires

La SAS doit alimenter sa réserve légale tant que celle-ci n’atteint pas 10 % du capital social. Chaque année bénéficiaire, au moins 5 % du bénéfice doit y être affecté. Cette obligation réduit mécaniquement le montant immédiatement distribuable. Les statuts peuvent aussi imposer la constitution de réserves statutaires ou prévoir une affectation particulière d’une partie du résultat.

Illustration : une SAS réalise 80 000 euros de bénéfice après impôt. Elle possède un report à nouveau débiteur de 5 000 euros et sa réserve légale n’a pas encore atteint le seuil de 10 % du capital. La société doit d’abord absorber les 5 000 euros de pertes antérieures. Elle doit ensuite affecter au moins 5 % du bénéfice, soit 4 000 euros, à la réserve légale. Avant toute autre décision statutaire, le montant potentiel de distribution s’élève donc à 71 000 euros. Ce montant peut encore être réduit si les associés souhaitent conserver une partie de la trésorerie pour financer l’activité.

Tenir compte de la trésorerie et de l’intérêt social

Un bénéfice distribuable ne signifie pas nécessairement qu’il est opportun de verser des dividendes. La société peut avoir besoin de liquidités pour régler ses fournisseurs, investir, rembourser un emprunt, financer sa masse salariale ou faire face à une baisse d’activité. Les associés doivent apprécier l’intérêt social, c’est-à-dire l’intérêt propre de la SAS, distinct des intérêts individuels de ses actionnaires.

Avant de décider un versement, il est conseillé de vérifier plusieurs indicateurs :

  • le solde de trésorerie disponible après paiement des échéances fiscales, sociales et bancaires ;
  • le besoin en fonds de roulement et les délais de règlement clients ;
  • les investissements prévus dans les six à douze prochains mois ;
  • les éventuelles clauses bancaires limitant les distributions ;
  • le niveau des capitaux propres et l’existence de pertes antérieures ;
  • la capacité de la société à payer l’impôt sur les sociétés et les prélèvements dus sur les dividendes.

Distribuer un montant excessif peut fragiliser la SAS. Si des dividendes sont distribués en violation des règles légales, ils peuvent être qualifiés de dividendes fictifs. Les personnes ayant participé à cette distribution peuvent alors voir leur responsabilité engagée, notamment sur le plan pénal dans les cas les plus graves.

3. Comment se déroule la distribution des dividendes en SAS ?

Dividendes en SAS : distribution et fiscalité - 3. Comment se déroule la distribution des dividendes en SAS ?

L’approbation des comptes et l’affectation du résultat

La distribution classique intervient après la clôture de l’exercice, une fois les comptes annuels établis. Le président prépare le bilan, le compte de résultat et l’annexe, ainsi que le rapport de gestion lorsqu’il est requis. Les associés sont ensuite appelés à statuer sur les comptes et sur l’affectation du résultat selon les modalités prévues par les statuts.

Dans une SAS, les règles de consultation et de vote sont largement organisées par les statuts. Ceux-ci précisent généralement les délais de convocation, les majorités applicables, les droits de vote, les possibilités de consultation écrite ou de réunion à distance. La décision d’affectation du résultat doit être consignée dans un procès-verbal. Ce document indique notamment le résultat de l’exercice, les affectations aux réserves, le montant distribué et, si nécessaire, le montant du dividende par action.

La décision doit normalement être prise dans les six mois suivant la clôture de l’exercice. Pour une société clôturant ses comptes au 31 décembre, l’assemblée ou la décision collective d’approbation doit donc en principe intervenir avant le 30 juin de l’année suivante. Une prorogation judiciaire est possible dans certaines situations, mais elle ne doit pas devenir une pratique de gestion courante.

La mise en paiement des dividendes

Après la décision des associés, les dividendes doivent être mis en paiement dans un délai maximal de neuf mois après la clôture de l’exercice, sauf prolongation accordée par décision de justice. Dans l’exemple d’un exercice clos le 31 décembre, le paiement doit donc généralement intervenir au plus tard le 30 septembre suivant.

Le versement peut être effectué par virement bancaire, ce qui facilite la traçabilité de l’opération. La SAS doit identifier les bénéficiaires, calculer les droits de chacun, retenir le prélèvement forfaitaire obligatoire lorsque les bénéficiaires sont des personnes physiques résidentes fiscales de France, puis déclarer et reverser les prélèvements à l’administration fiscale.

Il est préférable de distinguer clairement, dans la comptabilité et sur le relevé bancaire, le montant brut du dividende, les prélèvements effectués et le montant net effectivement versé à l’actionnaire. Cette rigueur évite les erreurs lors de l’établissement des déclarations fiscales et permet à chaque bénéficiaire de justifier les sommes perçues.

Les dividendes exceptionnels et acomptes sur dividendes

Une SAS peut décider de distribuer des réserves distribuables constituées lors d’exercices antérieurs. On parle alors fréquemment de dividendes exceptionnels. La décision doit là encore respecter les statuts et être formalisée dans un procès-verbal. Il faut s’assurer que les réserves concernées sont réellement distribuables et qu’elles ne sont pas indisponibles.

Il est également possible de verser un acompte sur dividendes avant l’approbation définitive des comptes. Cette opération est beaucoup plus encadrée. Elle suppose notamment l’établissement d’un bilan intermédiaire certifié par un commissaire aux comptes, faisant apparaître un bénéfice distribuable suffisant après les amortissements, provisions, pertes antérieures et réserves obligatoires. L’acompte ne peut pas être fondé sur une simple estimation optimiste du résultat annuel.

Dans les petites SAS qui ne disposent pas habituellement d’un commissaire aux comptes, l’acompte sur dividendes peut donc être coûteux et peu pratique. Dans la majorité des cas, attendre l’arrêté des comptes annuels reste la voie la plus simple et la plus sécurisée.

4. Quelle fiscalité s’applique aux dividendes versés par une SAS ?

L’impôt sur les sociétés payé par la SAS

Avant d’être distribués, les bénéfices ont généralement supporté l’impôt sur les sociétés au niveau de la SAS. Le taux normal de l’IS est de 25 %. Sous conditions, certaines petites et moyennes entreprises peuvent bénéficier du taux réduit de 15 % sur une fraction de leur bénéfice, dans la limite prévue par la réglementation en vigueur. Le solde éventuel est ensuite imposé au taux normal.

Il existe donc une double imposition économique : une première fois au niveau de la société sur son bénéfice, puis une seconde fois chez l’actionnaire lorsqu’il perçoit le dividende. Ce mécanisme explique pourquoi la comparaison entre salaire et dividendes ne peut pas se limiter au seul taux de prélèvement applicable à l’actionnaire. Il faut raisonner sur le coût global pour la société et sur le revenu net final pour le foyer fiscal.

Le prélèvement forfaitaire unique de 30 %

Pour une personne physique fiscalement domiciliée en France, les dividendes sont, par défaut, soumis au prélèvement forfaitaire unique, aussi appelé PFU ou « flat tax ». Son taux global est de 30 %, réparti en deux composantes : 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux.

En pratique, lors du paiement, la SAS prélève en principe 12,8 % d’acompte d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Pour un dividende brut de 10 000 euros, l’actionnaire reçoit ainsi généralement 7 000 euros nets de prélèvements immédiats. Les 3 000 euros retenus doivent être déclarés et reversés dans les délais applicables via les formalités fiscales appropriées.

Le prélèvement de 12,8 % est un acompte imputable sur l’impôt sur le revenu finalement dû, sauf pour les contribuables ayant demandé une dispense sous conditions de revenu fiscal de référence. Cette dispense ne concerne que l’acompte d’impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus lors du versement.

L’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu

L’actionnaire peut choisir, lors de sa déclaration annuelle de revenus, l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu plutôt que le PFU. Cette option est globale : elle s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers et gains entrant dans son champ pour l’année concernée. Il n’est donc pas possible de choisir le barème pour un seul dividende et le PFU pour les autres revenus financiers.

En cas d’option pour le barème, les dividendes éligibles bénéficient d’un abattement de 40 % pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Cet abattement ne s’applique pas aux prélèvements sociaux. Une fraction de la CSG acquittée peut également être déductible du revenu imposable l’année suivante, dans les conditions légales. Cette option peut être intéressante pour un foyer peu imposé, mais elle doit être évaluée avec attention si le contribuable se situe dans une tranche marginale élevée.

Mode d’impositionTraitement fiscal principalSituation souvent favorablePoint de vigilance
Prélèvement forfaitaire unique12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociauxFoyers dont la tranche marginale d’imposition est élevéePas d’abattement de 40 % ni de déduction de CSG
Barème progressifDividende imposé après abattement de 40 %, plus prélèvements sociauxFoyers non imposables ou faiblement imposésOption globale pour les revenus financiers de l’année
Dispense d’acomptePas d’avance de 12,8 % lors du paiement, sous conditionsContribuables dont le revenu fiscal de référence respecte les seuilsLes 17,2 % de prélèvements sociaux restent prélevés

Exemple simplifié : un actionnaire célibataire perçoit 20 000 euros de dividendes. Avec le PFU, la taxation globale est de 6 000 euros, soit 14 000 euros nets avant prise en compte de la fiscalité globale du foyer. Avec l’option pour le barème, seuls 12 000 euros sont ajoutés au revenu imposable grâce à l’abattement de 40 %, mais les prélèvements sociaux portent toujours sur 20 000 euros. Si son taux marginal est de 11 %, l’option peut être pertinente ; s’il est imposé à 41 %, le PFU sera souvent plus avantageux. Une simulation personnalisée reste indispensable.

Les formalités déclaratives pour la SAS

La SAS qui verse des dividendes doit accomplir ses obligations déclaratives et payer les prélèvements correspondants. Les modalités pratiques dépendent notamment de la date de mise en paiement et du statut des bénéficiaires. La déclaration des revenus de capitaux mobiliers, souvent réalisée par l’intermédiaire du formulaire adapté, doit être effectuée dans les délais prévus. La société adresse également aux bénéficiaires les informations nécessaires à leur déclaration annuelle.

Une erreur de déclaration, un oubli de prélèvement ou un versement tardif peut entraîner intérêts de retard et pénalités. Il est donc prudent de confier le calcul et les déclarations à un expert-comptable ou de s’appuyer sur une procédure interne rigoureuse, notamment lorsque la SAS compte plusieurs actionnaires.

5. Dividendes en SAS et cotisations sociales : quelles règles ?

Une différence majeure avec la SARL

L’un des atouts souvent associés à la SAS concerne le traitement social des dividendes. Les dividendes versés aux associés de SAS ne sont en principe pas soumis aux cotisations sociales de sécurité sociale, y compris lorsque le bénéficiaire est président et actionnaire majoritaire. Ils supportent toutefois les prélèvements sociaux de 17,2 % pour les personnes physiques résidentes fiscales de France.

Cette règle distingue la SAS de la SARL soumise au régime des travailleurs non salariés. Dans une SARL, la fraction des dividendes versée au gérant majoritaire, à son conjoint ou partenaire de PACS et à ses enfants mineurs peut entrer dans l’assiette des cotisations sociales au-delà de 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant. La logique n’est pas la même en SAS, dont le président relève du régime général lorsqu’il est rémunéré.

Les dividendes ne créent pas de protection sociale

L’absence de cotisations sociales sur les dividendes ne doit pas être interprétée comme un avantage absolu. Contrairement à un salaire, le dividende n’ouvre pas de droits supplémentaires au titre de l’assurance maladie, de la retraite, de la prévoyance, du chômage ou des indemnités journalières. Un président qui se rémunère exclusivement par dividendes peut donc disposer d’une protection sociale limitée, voire inexistante au titre de son mandat.

Pour de nombreux entrepreneurs, une stratégie équilibrée consiste à conserver une rémunération régulière permettant de valider des droits sociaux, puis à compléter éventuellement avec des dividendes lorsque la rentabilité, la trésorerie et les objectifs patrimoniaux le permettent. La répartition optimale dépend du statut familial, de l’âge, du niveau de couverture souhaité et des autres revenus du foyer.

Attention aux requalifications et aux avantages occultes

Les dividendes ne doivent pas servir à masquer une rémunération due en contrepartie d’un travail. Si un associé réalise une prestation pour la SAS, il est préférable de prévoir une rémunération cohérente, un contrat de travail valable si les conditions sont réunies, ou une facturation régulière lorsque cela est juridiquement justifié. L’administration peut examiner la réalité des opérations, notamment en présence de versements atypiques ou de mouvements de trésorerie mal documentés.

De même, des prélèvements personnels effectués par le dirigeant sans décision de distribution, sans remboursement de frais justifié ou sans contrat de compte courant peuvent être requalifiés. Une bonne gouvernance impose de séparer strictement les dépenses privées et professionnelles, de documenter les décisions des associés et de conserver les pièces comptables correspondantes.

6. Cas particuliers : SASU, holding et associés personnes morales

Le cas de la SASU

Dans une SASU, la procédure est simplifiée car l’associé unique prend seul les décisions relevant de la collectivité des associés. Pour autant, il doit établir un procès-verbal de décision de l’associé unique portant sur l’approbation des comptes et l’affectation du résultat. Cette formalisation est essentielle, notamment si l’associé unique est également président et souhaite démontrer que le versement est bien un dividende régulièrement décidé.

La fiscalité dépend ensuite de la qualité de l’associé unique. S’il s’agit d’une personne physique, le PFU de 30 % s’applique par défaut, avec possibilité d’opter pour le barème progressif. S’il s’agit d’une société holding, les règles propres aux personnes morales entrent en jeu.

La distribution à une holding : le régime mère-fille

Lorsqu’une holding soumise à l’impôt sur les sociétés détient des actions d’une SAS opérationnelle, les dividendes remontés peuvent, sous conditions, bénéficier du régime mère-fille. Ce régime permet une exonération de 95 % des dividendes reçus, seule une quote-part de frais et charges de 5 % restant en principe imposable à l’IS. Sous certaines conditions renforcées, notamment dans le cadre de groupes intégrés fiscalement, cette quote-part peut être réduite.

Le régime mère-fille suppose notamment que la holding détienne au moins 5 % du capital et des droits de vote de la filiale et conserve les titres pendant une durée minimale, sauf situations particulières. Il convient de vérifier précisément les conditions applicables avant de le mettre en œuvre. Une holding peut offrir un outil de capitalisation : les fonds remontés peuvent servir à investir, financer une nouvelle activité, acquérir des titres ou renforcer la trésorerie du groupe, sans être immédiatement taxés entre les mains d’une personne physique.

En revanche, le régime mère-fille ne fait pas disparaître la fiscalité définitive. Si la holding redistribue ensuite les sommes à son associé personne physique, celui-ci sera imposé selon le régime applicable aux dividendes. L’intérêt réside souvent dans le report de l’imposition personnelle et dans la possibilité de réinvestir les liquidités via la structure holding.

Les associés non-résidents et les personnes morales

Lorsqu’un associé est non-résident fiscal de France, les dividendes de source française peuvent être soumis à une retenue à la source. Son taux et ses modalités dépendent du pays de résidence du bénéficiaire, de la convention fiscale internationale applicable et de sa qualité de personne physique ou morale. Il est donc essentiel de recueillir les justificatifs de résidence fiscale avant le paiement et de vérifier les démarches permettant, le cas échéant, d’appliquer un taux conventionnel réduit.

Pour les associés personnes morales ne pouvant pas bénéficier du régime mère-fille, les dividendes reçus sont généralement intégrés à leur résultat taxable selon leur propre régime d’imposition. Les flux intragroupe, conventions de trésorerie et distributions transfrontalières nécessitent une vigilance accrue, car ils peuvent soulever des enjeux de prix de transfert, de substance de la holding ou de conformité documentaire.

7. Optimiser la distribution de dividendes en SAS et éviter les erreurs

Construire une stratégie de rémunération cohérente

La meilleure stratégie n’est pas nécessairement celle qui minimise le prélèvement fiscal à court terme. Un dirigeant de SAS doit arbitrer entre sa rémunération immédiate, sa couverture sociale, les besoins de développement de l’entreprise, la constitution d’une épargne personnelle et les objectifs de transmission. Les dividendes représentent un outil utile lorsque la société est rentable et dispose d’une trésorerie suffisante, mais ils ne remplacent pas systématiquement un salaire.

Une approche structurée consiste à déterminer d’abord le niveau de rémunération nécessaire au dirigeant pour vivre et maintenir une protection sociale adaptée. Ensuite, la SAS peut conserver une part du bénéfice en réserve afin de financer sa croissance et faire face aux imprévus. Enfin, le surplus réellement disponible peut être distribué, après comparaison entre PFU et barème progressif. Cette méthode évite de fragiliser l’entreprise au profit d’un gain fiscal ponctuel.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Distribuer avant d’avoir validé les comptes : hors cadre strict de l’acompte sur dividendes, le versement anticipé expose à un risque de distribution irrégulière.
  • Confondre résultat comptable et bénéfice distribuable : les pertes antérieures, réserves obligatoires et contraintes statutaires doivent être intégrées au calcul.
  • Négliger la trésorerie : une société rentable peut manquer de liquidités à cause de créances clients importantes ou d’investissements imminents.
  • Oublier les déclarations fiscales : le prélèvement et la déclaration des revenus distribués sont à la charge de la SAS versante.
  • Choisir le barème sans simulation : l’abattement de 40 % est attractif, mais l’option globale peut se révéler défavorable selon les autres revenus financiers du foyer.
  • Se rémunérer exclusivement en dividendes sans anticipation : ce choix peut réduire fortement la protection sociale du président.
  • Ignorer les statuts : les règles de majorité, les droits attachés aux actions et les restrictions éventuelles doivent être respectés à la lettre.

Conclusion : sécuriser chaque étape de la décision

Les dividendes en SAS offrent une réelle souplesse pour rémunérer les actionnaires et organiser la circulation des bénéfices. Leur intérêt repose notamment sur l’absence de cotisations sociales de droit commun, mais cette caractéristique doit être mise en perspective avec la double imposition économique, l’absence de droits sociaux générés et les obligations formelles à respecter. Une distribution réussie suppose un bénéfice distribuable, une décision régulière des associés, une trésorerie suffisante et une gestion rigoureuse des prélèvements fiscaux.

Avant toute mise en paiement, il est recommandé d’analyser les comptes, les statuts, la situation patrimoniale des associés et les besoins futurs de l’entreprise. Une simulation entre PFU et barème progressif permet d’éviter des choix coûteux, tandis qu’un accompagnement comptable et juridique limite les risques de distribution fictive ou d’erreur déclarative. Pour les SASU, les holdings ou les groupes comprenant des associés non-résidents, une expertise adaptée est particulièrement utile. G2E Assistance peut vous accompagner dans l’analyse de votre situation et dans la sécurisation de vos décisions de distribution.

À retenir

  • Une SAS ne peut distribuer des dividendes qu’après avoir déterminé un bénéfice distribuable, absorbé les pertes antérieures et respecté les réserves obligatoires.
  • Pour un associé personne physique résident fiscal français, les dividendes relèvent par défaut du PFU de 30 %, avec une option globale possible pour le barème progressif.
  • Les dividendes de SAS ne sont en principe pas soumis aux cotisations sociales, mais ils ne procurent pas de protection sociale au président ou à l’actionnaire bénéficiaire.
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